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99ème anniversaire de l’Armistice Une occasion mise à profit pour hisser le pavillon de l’UE en haut de la bâtisse consulaire

99ème  anniversaire  de l’Armistice  Une occasion mise à profit pour hisser le pavillon de l’UE en haut de la bâtisse consulaire

Le 21-11-2017 à 16:20:18

La Communauté française a célébré samedi 11 novembre, la Journée du Souvenir, en commémoration du 99ème anniversaire de l’Armistice ayant mis fin à la première guerre mondiale, un conflit qui, de 1914 à 1918, opposa l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la Turquie et la Bulgarie, à la Serbie, la France, la Russie, la Belgique, la Grande Bretagne, le Japon, l’Italie, la Roumanie, le Portugal, les Etats Unis, la Grèce, la Chine et à plusieurs Etats sud-américains. Cette guerre atroce qui avait commencé il y a une centaine d’années, avait eu pour cause la politique mondiale de l’Allemagne, son expansion économique et navale, notamment dans le Proche-Orient ; l’antagonisme germano-slave dans les Balkans et la course aux armements conduite par les deux blocs de la Triple-Alliance Allemagne, Autriche, Hongrie, Italie) et de la Triple-Entente (France, Grande-Bretagne, Russie)...

L’Armistice, signé le 11 novembre 1918, à 5 h 15,Marque la fin des combats de cette Première Guerre mondiale, la victoire des Alliés et la capitulation de l'Allemagne. Le cessez-le-feu est effectif à 11 heures, entraînant dans l’ensemble de la France des volées de cloches et des sonneries de clairons annonçant la fin d'une guerre qui a fait des millions de victimes. Au total près de 40 millions de personnes entre militaires et civils, morts, invalides ou mutilés : plus de 18 millions de morts et 21 millions de blessés.Ce nombre inclut 9,7 millions de Morts pour les militaires et 8,8 millions pour les civils.

La France est victorieuse mais meurtrie avec 1 315 000 soldats décomptés morts soit 27 % des 18-27 ans, le deuxième taux le plus élevé après la Serbie.

Le 11 novembre 1918, les généraux allemands et alliés se réunissent donc dans un wagon-restaurant aménagé, provenant du train d'État-Major du Maréchal Foch, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne. Plus tard en 1919, ils signeront le traité de Versailles.

A Tanger, la cérémonie du Souvenir était présidée dans la matinée de samedi dernier, par le Consul général de France, Thierry Vallat , en présence de plusieurs invités de marque dont le chef de section politique, communication et culture près la délégation de l’Union européenne (UE) au Maroc, Philip Nicolas Holzapfel; l’adjointe du maire de Tanger, Fatima Belahcen ; le commandant de la Place d’armes de Tanger, le colonel Berdoni ; des officiers de l’armée française ; des membres du corps consulaire accrédité à Tanger ; le directeur de l’Institut français de Tanger; des représentants de la Communauté française résidant dans la région; de nombreuses autres personnalités, notamment des représentants de la société civile et de l’intelligentsia tangéroises, ainsi que les directeurs, enseignants et élèves du lycée Regnault et des écoles Berchet et du Détroit qui ont activement participé à la cérémonie organisée à l’entrée principale de l’imposante bâtisse consulaire où trône majestueusement la stèle commémorative portant les noms des soldats Français et Marocains originaires de Tanger et de sa région, morts pour la France.

La manifestation a été marquée par le dépôt d’une gerbe de fleurs par le Consul général de France assisté de jeunes élèves, au pied de la stèle commémorative. Les élèves ont ensuite donné lecture aux noms des soldats inscrits sur ladite stèle. Cet émouvant geste rituel symbolique était suivi d’une minute de silence et d’un coup de clairon sonné par un soldat à la mémoire des disparus des deux guerres mondiales.

Les élèves des écoles Berchet et Détroit ont superbement animé la cérémonie avant de chanter les hymnes nationaux marocain et français.

Des élèves du lycée Regnault conduits par leur enseignante de musique, Nouria Benzekri, ont chanté en cœur, au son d’une musique de fond, la « Chanson des partisans » en hommage et honneur aux hommes et femmes de la résistance qui ont donné leur vie pour la Liberté du monde.

Auparavant, le Consul général a salué les personnes présentes dans un important discours dans lequel il a rappelé que le 11 novembre 1915, la France, l’Europe et une partie du monde étaient engagées depuis près de quinze mois dans ce qui allait devenir la Première Guerre mondiale.

« Il y a 99 ans, jour pour jour, à 11 h 00, l’un des conflits les plus meurtriers de l’histoire du monde prenait fin après quatre années et demi de destruction et de souffrance. Plus de 18 millions de personnes sont mortes au cours de ce terrible conflit, dont le continent européen est sorti ravagé et exsangue » a indiqué Thierry Vallat , déplorant : « Pourtant, près de 20 ans plus tard, un nouveau conflit mondial naissait entre les mêmes acteurs pour parvenir, cette fois, à des sommets jamais atteints dans l’horreur et la barbarie : 60 millions de morts, des dizaines de millions de blessés et d’orphelins sur les cinq continents. Une Europe à genoux, divisée, ruinée, défigurée ».

« Il y a 99 ans, jour pour jour, à 11 h 00, l’un des conflits les plus meurtriers de l’histoire du monde prenait fin après quatre années et demi de destruction et de souffrance. Plus de 18 millions de personnes sont mortes au cours de ce terrible conflit, dont le continent européen est sorti ravagé et exsangue » a indiqué Thierry Vallat , déplorant : « Pourtant, près de 20 ans plus tard, un nouveau conflit mondial naissait entre les mêmes acteurs pour parvenir, cette fois, à des sommets jamais atteints dans l’horreur et la barbarie. 60 millions de morts, des dizaines de millions de blessés et d’orphelins sur les cinq continents. Une Europe à genoux, divisée, ruinée, défigurée ».

Dépôt rituel d’une gerbe de fleurs au pied de la stèle commémorative portant
les noms des soldats Français et Marocains originaires de Tanger
et de sa région, morts pour la France. Photo : Hammouda

Le diplomate français a poursuivi en soulignant que, quelques années plus tard, des visionnaires auront enfin la sagesse et la lucidité de poser les bases d’une construction européenne pacifique et démocratique.

« La mise en œuvre de cette idée, à la fois simple et révolutionnaire, aura comme 1er résultat concret d’ouvrir, dans l’histoire de ce continent, une ère inédite de paix totale entre les pays membres de la future Union Européenne. On tend à l’oublier aujourd’hui, tellement cette situation nous paraît aller de soi. Mais, le simple fait de circuler paisiblement sur ce vieux et beau continent qu’est l’Europe est longtemps demeuré pour beaucoup un rêve impossible. La présence à mes côtés de mon ami allemand Philip Holzapfel, représentant de l’Union Européenne, est pour moi le plus beau des symboles : celui du chemin déjà parcouru ensemble et de la volonté d’affronter ensemble les nouveaux défis » a encore dit le consul général, expliquant que ces défis sont aujourd’hui démocratiques, parfois technocratiques, mais aussi socio-économiques.

«N’oublions jamais qu’ils ont été précédés par des combats militaires, autrement plus violents et dangereux, au cours desquels nos familles, nos ancêtres, nos amis, nos prédécesseurs sur cette terre ont versé leur sang et parfois sacrifié leur vie pour que la nôtre soit plus douce et pour que nous restions un peuple libre » a souligné le diplomate, prenant pour témoin l’assistance : « Chers amis, chers enfants, c’est à eux que nous pensons aujourd’hui. C’est à eux que nous rendons hommage. Soldats et officiers français, tirailleurs marocains, algériens, sénégalais, alliés américains et britanniques, combattants venus des quatre coins du monde pour libérer la France, résistants de toute religion et de toute nationalité, héros anonymes tombés sur le chemin des dames, lors du débarquement de Provence ou de Normandie, à Monte Cassino, à Dien Bien Phu, à Gao et dans bien d’autres lieux de mémoire encore : nous savons pourquoi et comment vous êtes morts, parfois si loin de chez vous. Nous ne vous oublierons jamais» a conclu avec émotion M. Thierry Vallat.

Vue partielle des personnalités présentes à la cérémonie, auditionnant la«Chanson des partisans»
chantée en cœur par les élèves du lycée Regnault conduits par leur
enseignante de musique, Nouria Benzekri. Photo : Hammouda

Le représentant de l’UE au Maroc, Philip Nicolas Holzapfel, s’est félicité, pour sa part, de pouvoir prendre part à la cérémonie du 99ème anniversaire de l’Armistice, mise à profit pour faire hisser le pavillon de l’Union Européenne au côté de celui de la République Française, surplombant la terrasse de l’imposante bâtisse consulaire.

Ce fut ensuite au tour d’un vétéran de la seconde guerre mondiale, Pierre Liagre, de faire part, du haut de ses 95 ans, d’un témoignage à la fois saisissant et émouvant, retraçant fidèlement son parcours de soldat et d’agent de renseignements au service de l’armée française durant les péripéties de la deuxième guerre mondiale.

« Après cette Sonnerie aux morts et cette minute de silence, quelle émotion, en pensant à la guerre, mais il faut bien que j’en parle ! » a-t-il commencé son allocution chronologique des faits qui ont marqué sa vie à partir de l’âge de 20 ans et jusqu’à la fin de la guerre.

«Bien que détestant la guerre et vu l’état dans lequel se trouvait mon pays sous l’occupation, je ne pouvais pas, ne pas la faire » rapporte cet ancien résistant, se remémorant que c’était au mois de mars 1943 qu’il avait été expédié à Katowice en Pologne, où les conditions de vie étaient très dures pendant 12 heures de travail par jour, avec pour seule nourriture, un bol de soupe et un morceau de pain. « En 10 mois j’ai perdu plus de 20 kilos. Et je me suis dit « tu vas crever ! », crever pour crever, « tu te tires ! ».

C’est donc armé d’une ferme volonté que le 13 janvier 1944, ce jeune soldat était parvenu à s’évader pour revenir en France comme combattant volontaire de la résistance puis en tant qu’agent de renseignement du 2e bureau (aujourd’hui D.S.T), acheminant chaque semaine des informations à vélo, sur un parcours de 80 kilomètres, au péril de sa vie.

Enfin, engagé en août 1944 comme volontaire pour la durée des hostilités dans la première armée française « Rhin et Danube », Pierre Liagre été affecté au 8e régiment de dragons du « Corps Franc de la Montagne Noire »

Emouvant témoignage du vétéran de la seconde guerre mondiale,
Pierre Liagre. Photo : Hammouda

« Au printemps 1945, les nombreux bombardements ont anéanti l’aviation adverse ainsi que les usines d’armements, par les armées alliées, sous les ordres du général Eisenhower », a relaté l’ancien résistant, ajoutant : « A ce propos, je voudrais m’adresser à mes amis Marocains qui nous reçoivent avec tant de gentillesse dans leur magnifique pays ami. Je voudrais leur dire qu’ils peuvent être fiers de leur armée et je sais qu’ils le sont, car mes frères d’arme, les Tabors Marocains et les Tirailleurs Sénégalais on étés les premiers à traverser le Rhin au péril de leur vie et à mettre fin à la deuxième guerre mondiale, le 8 mai 1045. Bravo mes compagnons d’arme ! Honneur vous soit rendu ! », a conclu le brave Pierre Liagre sous une salve d’applaudissements de l’assistance.

Le pavillon de l’Union Européenne flottant désormais au côté de celui dela République
Française, sur la terrasse de l’imposante bâtisse consulaire.
Photo Hammouda

Après la levée des couleurs européennes sur la terrasse de la bâtisse consulaire, le consul général de France, Thierry Vallat, a invité les élèves et ses illustres hôtes à partager avec la France le verre du souvenir et de l’amitié.
PH : Hammouda

Par : Mohamed ABOUABDILLAH





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