Dernières nouvelles :

Image

Relance du dialogue social : des complications possibles

Relance du dialogue social : des complications possibles

Le 05-10-2017 à 16:16:17

Comme convenu lors d’une réunion entre le gouvernement, la confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et les syndicats, tenue mercredi 20 septembre au siège de la Primature à Rabat, le dialogue social reprendra lundi 9 octobre prochain.
Si l’on croit les commentaires qui avaient accompagné et suivi la première et seule rencontre tenue jusqu’à présent, entre le chef du gouvernement, Saâd-Eddine El Othmani, et les représentants des centrales syndicales les plus influentes, pour relancer le dialogue social, suspendu depuis plusieurs mois, et si l’on tient compte du bâton de Damoclès continuellement levé sur la tête du gouvernement par des leaders syndicaux qui n’excluent pas le fait de monter au créneau pour faire entendre leur voix, la rentrée sociale s’annonce plutôt difficile et la paix sociale caressée par le chef du gouvernement, pourrait s’avérer fragile..

On se souvient que, lors de cette première réunion à laquelle avaient pris part les ministres de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, de l’Economie et des Finances, Mohamed Boussaid, de la Fonction publique, Mohamed Ben Abdelkader, et de l’Emploi, Mohamed Yatim, les syndicalistes avaient brandi la menace d’une escalade au cas où les clauses de l’accord du 26 avril dernier, signé avec le précédent gouvernement, ne seraient pas respectées.

Des leaders syndicaux qui affirment avoir exposé leur cahier revendicatif, appelant à l’institutionnalisation du dialogue social, dont le premier round démarrera donc le lundi 9 octobre, indiquent que le gouvernement n’a entrepris aucune mesure en faveur des salariés, estimant que le bilan des deux gouvernements, précédent et actuel, reste négatif en termes d’augmentation des salaires et des libertés syndicales.

Ces responsables syndicaux déplorent aussi l’attitude de certains ministres lors de rencontres du dialogue sectoriel, leur reprochant de prendre les choses avec une certaine légèreté, et de certains départements qui n’ont pas tenu de rencontres avec les acteurs syndicaux, affirme-t-on, expliquant que les débrayages qui surviennent dans certains secteurs sont notamment accentués par la suspension du dialogue social et la marginalisation des syndicats les plus représentatifs.

Pourtant, Saad Eddine El Othmani semble vouloir partir du bon pied aussi bien avec le patronat qu’avec les syndicats représentatifs des salariés, puisque lors de la rencontre de consultation tenue par le chef de gouvernement avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) conduite par sa présidente, Meryem Bensalah Cheqroun, il était question du renforcement du climat d’affaires, de la réforme fiscale, de l’amélioration de la compétitivité des entreprises nationales, des irrégularités des accès aux marchés publics, mais aussi de la protection sociale et le maintien du dialogue social avec les centrales syndicales.

C’est du déjà vu, diront certains syndicalistes plus sceptiques que d’autres.
C’est sans doute pour cela que les syndicalistes préparent leur rentrée en force. Ceci apparaîtra dans les propos du secrétaire général de l’Union marocaine du travail (UMT), l'une des centrales syndicales les plus influentes, El Miloudi El Moukhariq, qui a tiré à boulets rouges sur le chef du gouvernement lors d’une activité syndicale organisée le weekend dernier à Agadir : «Nous n’avons pas à faire des revendications au gouvernement. Il les connaît déjà toutes», dira-t-il estimant qu’il est hors de question que le dialogue social redémarre à zéro : «les syndicats, et particulièrement l’UMT, attendent des signaux forts de la part de Saâdeddine El Othmani» a annoncé Moukhariq qui déplore «le bilan négatif» du précédent gouvernement. Faisant remarquer que les salariés n’ont eu aucune augmentation de salaires pendant cinq ans, en plus de l’échec à protéger les libertés syndicales. Il a aussi critiqué la décision d’imposer la réforme de la retraite par le gouvernement Benkirane.

« Cette réforme doit être annulée pour remettre le dossier à nouveau sur la table des négociations », a plaidé le SG de l’UMT.

Autre point de discorde, celui de voir le gouvernement faire réformer le code du travail au détriment des salariés, avec, suppose-t-on, le gros risque de placer le sort des salariés entre les mains des patrons, ce qui serait en contradiction avec l’actuel code du travail qui préserve les droits des salariés, craignent les syndicats, doutant que le gouvernement se cache derrière le prétexte de la nécessité d’un code du travail plus flexible, et ce dans le seul but de rendre service au patronat qui réclame justement cette flexibilité depuis plusieurs années, disent-ils.

Selon le secrétaire général de l’UMT, les syndicats accordent au chef du gouvernement un délai de 20 jours pour le lancement effectif d’un dialogue social sérieux et équilibré, faute de quoi il serait fait recours à l’arme fatale de la grève générale, martèle El Moukhariq annonçant que la centrale syndicale qu’il dirige se prépare à toutes les éventualités, sans exclure celle de descendre dans la rue pour réclamer le respect des droits des travailleurs..

Par Le : Dr Abdelhak BAKHAT

PH : DR





Partager ceci :
Par : Administrateur
Total Views
Nombres commentaires :
Add comment